Site Meter Anachroniques: Tout a un prix, même les gestes humanitaires.

mardi 22 mars 2011

Tout a un prix, même les gestes humanitaires.


Voilà un thème que je n'ai pas suivi dans le détail du détail et qui va pouvoir vous faire bondir sur vos fauteuils de bureaux, mais c'est aussi ce que j'espère. Après le matraquage médiatique tunisien, le matraquage médiatique égyptien, le matraquage médiatique libyen et le matraquage médiatique japonais, je me devais bien de reparler un petit peu de certains évènements perçus du fin fond de ma grotte antonyienne.


Lorsque ma mère était prête à amasser un stock de bouteilles d'eau minérale dans le garage, se crispant l'air terrifié devant les atrocités que les japonais ont vécu, je m’inquiétais pour le sort de la Libye. Lorsque maintenant tout le monde semble avoir oublié Fukushima, je commence à m’inquiéter sur ce soudain repli médiatique.

C'est tout de même la Libye qui retient mon attention pour cet article puisque j'avoue ne pas avoir grand chose à apporter sur le débat du nucléaire, en tout cas pas plus que la marionnette de Claude Allègre aux guignols.

Pour le cas de la Libye, d'un point de vue extérieur, sans détails de procédures et de fioritures diplomatiques, j'ai le sentiment d'assister à un effet ricochet incontrôlé des psychodrames politiques précédemment vécus dans notre pays, et déjà vite oubliés.
Quelles sont les motivations de Sarkozy pour débouler ainsi en Libye?
J'allais mettre "quelles sont les motivations de la France" mais en fait, non.

Chronologiquement parlant, il ne fait aucun doute que suite aux reproches incessants que le gouvernement a pu subir vis à vis de sa politique lors des évènements tunisiens et égyptiens, il a décidé d'agir rapidement et fermement dans le cas de la Libye. Je perçois ça comme une sorte de pied de nez à la fois national (envers le PS et les journalistes) et international consistant à démontrer que la France sait agir et soutenir les populations opprimées quoiqu'il advienne, et que bien sûr, bien sûr, elle est essentielle.

Déjà, pour la Tunisie, comme pour l'Egypte, même si on ne peut pas comparer leurs cas avec celui de la Libye, je ne voyais pas pourquoi on réclamait constamment l'intervention de la France. Je ne suis vraiment pas adepte de l'ingérence, c'est une chose qui nous a toujours plutôt mal réussi et je ne comprends vraiment pas que les médias aient pu à ce point soutenir cela quand il n'y a pas si longtemps on critiquait la françafrique.

C'est d'ailleurs là toute l'hypocrisie de l'affaire libyenne. Hop, d'un coup, retournement de veste rapide et presque irréfléchi, on débarque avec nos gros sabots en Libye, se vantant à tout-va d'être les meneurs de la danse de l'ingérence, histoire d'oublier les frasques de MAM.

Après, on va oser me dire que c'est parce que Khadafi est un fou et que forcément, on se doit d'agir, qu'il massacre sa population et que ça n'a rien à voir avec les circonstances dans lesquelles ont eu lieu les rebellions tunisiennes et egyptiennes. Là, je me marre.
1) S'il ne s'agissait que d'humanisme et de soutien aux populations opprimées, il y a bien longtemps qu'on aurait dû intervenir effectivement dans tous ces pays, et dans bien d'autres. Quand est-ce que Sarkozy débarque en Corée du Nord? J'attends de voir !
2) Khadafi était bien moins fou et bien moins méchant aux yeux de Sarkozy il y a de cela quelques années lorsqu'il l'invitait à l'Elysée pour lui vendre ses jolis petits avions et autres armes, celles là même qui doivent aujourd'hui servir à bombarder la Libye, et sa population que l'on "protège".

Au delà des motivations plus que douteuses du gouvernement, et des retournements stratégiques de politique internationale, j'apprécie très moyennement la forme que tout cela a pris et ne vois pas d'un très bon oeil la suite des évènements.

Nous qui sommes toujours les premiers à critiquer les américains et leurs fâcheuses tendances à débarquer au moyen orient pour faire la morale et aussi, l'air de rien, chopper un peu de pétrole, non seulement, nous nous extasions aujourd'hui de faire la même chose : faire partir un gros méchant pour le bien d'une population dans le besoin, mais en prime, nous n'arrêtons pas de nous vanter en critiquant à outrance les pays qui ne nous suivent pas.
Le pire, c'est que tel que c'est parti, nous allons nous laisser piétiner par l'OTAN qui ne va peut-être plus suivre la ligne de conduite espérée par la France tout en laissant dans les esprits de chacun l'idée indélébile que même si nous ne contrôlons plus grand chose, nous l'avons déclenché et encouragé. En résumé, si les choses partent en vrille, on sera considéré comme responsables même sans pour autant effectivement tirer les rênes.

Qu'on soit d'accord, dans l'absolu, je ne nie pas que Khadafi est un vrai psychopathe qui devrait être stoppé, mais je ne comprends pas comment tout le monde puisse s'extasier et approuver le fait qu'on aille bombarder si vite et soudainement un pays sans réfléchir réellement à d'autres possibilités. On dirait presque qu'il s'agit d'une formalité alors qu'il s'agit d'un acte de guerre.
Et ça me choque que ça ne choque pas grand monde.


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1 commentaires:

Mhy-dsespre a dit…

Ah mon dieu! Merci!!! je partage tout à fait ton avis! et autour de moi tout le monde trouve ça normal de faire la guerre alors qu'on a nos français aussi qui peuvent mourir dans cette affaire; pourquoi se précipiter pour faire la guerre, alors que oui, peut-etre, il y aurait une autre solution. Je dis pas qu'il faut pas essayer de venir en aide aus lybiens mais là... on dirait qu'on veut juste faire joujou avec nos avions et nos bateaux.