Hum. Parlons politique.

Sachant comment sont les médias depuis le temps, je trouve étrange la façon dont ils évitent d'appeler un chat un chat, alors que d'habitude ils ne se gênent pas pour sauter à pied joint dans la surenchère et la provocation.
On a entendu 130 milliards de fois les journalistes nous expliquer qu'on parlait pas de l'Europe et tout le temps qu'ils ont passé à nous le répéter, c'était du temps en moins à parler des élections et de leur fond.
Je persiste, quand il y a un problème, on oublie la part de responsabilité des mauvais journalistes qu'on a en France. Si la campagne était si mauvaise, c'était parce que tout se passait sur le terrain, dans les marchés ou que sais je encore, et que dalle sur les plateaux télé.
Parlons en d'ailleurs des plateaux télé. Encore pareil, on a eu le droit à la rediffusion, en long en large et en travers, de l'altercation Cohn Bendit/Bayrou, totalement déplacée, et sans aucun rapport avec ce qui nous intéresse, et malheureusement c'est ça qui aura survolé le débat sur sa fin et déterminer pas mal de votes. Après en avoir autant parlé, on pourrait au moins avouer que si le MoDem s'est pris une telle branlée, c'est parce que Bayrou a été super mauvais, et puis c'est tout.
Appelons un chat un chat.
C'est uniquement après leurs mauvais score qu'on entend d'autres personnalités du parti démocrate s'exprimer et expliquer un peu de quoi leur projet retournait.
On nous parle d'antisarkozysme primaire et de personnalisation du pouvoir autour de Bayrou, ce qui est juste, mais je ne crois pas que c'est pour ça qu'il est sanctionné. On nous explique, ce qui est assez marrant je trouve, on nous explique ce que nous, les citoyens, voulons : "les français en ont marre de l'opposition à Sarkozy, ils sanctionnent le vote sanction" Pffffffffffff....
La majorité des français est déçue par Sarkozy, et si l'on additionnait les votes de tous les petits partis, le vote sanction serait bien présent. Mais évidemment, c'est trop facile de réfléchir avec des "si". Ce que je veux dire, c'est qu'encore une fois, c'est le seul parti structuré qui l'emporte et qui fout une "raclée" aux autres, avec 11% d'avance sur les autres partis, c'est le parti qui est uni et parait solide, et chacun de ses membres n'a plus qu'à regarder tous les autres se battre et s'humilier, en se marrant. Avec tous les partis comme le modem, les verts, le ps, le npa, le front de gauche, on en finit pas, mais aucun d'eux ne pourra jamais s'imposer. Qu'ils s'allient tous
nous parait inconcevable, comme il nous parait inconcevable que la droite soit éclatée en plein de petits partis. Aujourd'hui on a accepté l'idée qu'à gauche, ce soit le gros bordel, et à droite, ce soit l'union paisible ! C'est fort quand même.
On cherche à expliquer la réussite des écolos par le nouvel engouement pour l'écologie. Certes. Mais appelons un chat, un chat, c'est pareil, c'est juste une nouvelle alternative, une option pour ne pas avoir à voter pour le PS en démolition et Bayrou, le zorro raté. Ça arrive cette fois, jusqu'à ce que les gens trouvent une nouvelle solution avec un autre parti à la mode et ainsi de suite, ou jusqu'à ce que le PS se restaure et s'impose. En tout cas, j'ai du mal à penser que la raison pour laquelle les gens ne votent plus pour le PS soit parce qu'il s'oppose à Sarkozy constamment. C'est l'argument servi par l'UMP pour nous expliquer que tous les français sont à fond derrière eux et ne suivent pas les socialistes, mais, au contraire, si tous les petits partis arrivent à faire d'aussi bons scores, c'est parce que les français ne veulent pas voter pour la droite, et cherchent à tout prix des solutions. Ils n'évitent pas l'antisarkozysme, ils évitent la déstructuration, celle du PS, et cherchent l'utilité en se persuadant que voter pour des petits partis pour les européennes est peut être plus ingénieux que de rester dans les traditionnels gros partis qui auront de toutes façons assez de voix pour siéger au parlement.
Pfiou, c'est peut être un peu compliqué ou soporifique ce que je raconte, mais je trouve que les analyses de ces élections sont étranges, et puis j'avais envie d'en parler.

Il y a un autre point sur lequel j'ai du mal à être d'accord avec les conclusions faites par les médias et les politiques, c'est l'abstention.
On nous explique qu'en s'abstenant, on s'oppose au gouvernement et on montre notre désintérêt pour l'Europe. On nous dit alors que le score de l'UMP n'est pas très significatif puisqu'il n'est évalué que sur 40% des français, comme si les 60% qui n'ont pas voulu voter étaient forcément opposés à la droite. Je vois même pas la logique dans ce genre d'explication.
Déjà, si on commence à raisonner comme ça, aucun des résultats n'est significatif puisque chacun est évalué avec le même taux d'abstention, et c'est trop facile de faire toujours des suppositions sur le vote des abstentionnistes, mais c'est inutile.
En plus, si l'on devait en faire, je dis bien, si l'on devait en faire, je penserai l'exact inverse de ce qui est dit. Ceux qui s'abstiennent, c'est qu'ils n'ont pas l'air de désapprouver ce qu'il se passe, et qu'ils se doutent qu'en ne votant pas, ce sera l'ump qui sera en tête. Elle est donnée gagnante, et s'ils voulaient s'y opposer, ils n'ont qu'à voter, puisque c'est l'acte par excellence qui leur permet de changer la donne. Alors par extension, pour moi, ceux qui s'abstiennent, approuvent. S'ils avaient quelque chose à redire à tout ça, ils viendraient voter. Alors c'est plutôt mauvais signe, justement. On peut avoir le discours stéréotypé du désillusionné de la politique "oui mais on sait que ça changera rien de voter bla bla bla" en tout cas, en ne votant pas, t'as rien changé à la situation de base, ça, c'est une évidence, alors autant prendre "le risque" de changer quelque chose en votant, au pire, il ne se passera rien, tout comme si tu n'avais pas voté. Je trouve ça dommage de pas le faire, sachant que c'est censé être nous qui décidons, puisqu'on nous donne les moyens de le faire, autant en profiter.
Et puis, en prime, pour l'Europe, beaucoup de personnes ont simplement dû se dire que c'est un trip entre les pays mais qu'en fin de compte, on s'en fout un peu de tout ça, que c'est bien loin de nous et de nos petites contrariétés quotidiennes, que ça sert que pour des lois débiles comme pour la cigarette (Cf les cours d'éducation civique du collège) ou que c'est juste le toutou des USA, mais au cas où les politiques n'auraient pas eu assez l'occasion de le dire au milieu de leur petites interviews personnelles, l'Europe, c'est 85 % de nos lois nationales.
On passe notre temps à apprendre la construction historique de l'Europe, à se voir enseigner les dates de tous les traités européens, mais on nous explique jamais comment ça fonctionne là dedans. C'était déjà le problème en 2005 avec la constitution européenne, et ça continue. On nous parle de l'Europe comme d'un concept, un truc super flou qui sonne comme un projet, alors qu'elle est là, et vraiment bien présente, sans qu'on n'y comprenne rien. C'est vraiment du grand n'importe quoi. De la désinformation. Et je félicite ni les médias, ni les politiques. Tous mauvais. MAUVAIS !
Ahahahah, ça fait du bien un petit article comme ça, je sais pas si ça va vous donner envie de réagir, mais j'espère... (sans m'agresser si possible)